Halakhot du Hafets Haïm
Halakha 137 / 215

Hilkhot Lachon Hara, chapitre 10, section 6

Parfois, on peut raconter l'affaire à d'autres même si la victime ne sait pas encore que quelqu'un a parlé d'elle. Cela s'applique lorsqu'on voit qu'il y aura une certaine utilité, à condition que toutes les conditions ci-dessus soient remplies — voir le Béer Mayim 'Haïm. Par exemple, si l'on voit que la nature de celui qui a dit du lachon hara est telle que, de même qu'il a dénigré la victime devant moi, il ira la dénigrer devant d'autres. Nous avons déjà écrit qu'on doit d'abord le réprimander ; cela ne s'applique donc que si on l'a réprimandé et que cela n'a pas servi. Nous savons que presque tout le monde, malheureusement, croit le lachon hara, de sorte qu'une fois que l'auteur aura parlé à d'autres gens, il sera très difficile de les persuader que l'histoire était fausse, car les premières impressions sont les plus fortes. C'est pourquoi on peut aller trouver ses auditeurs potentiels et les avertir que l'auteur va probablement venir dire des mensonges sur la victime, afin qu'ensuite ils ne le croient pas. Au contraire, ils le réprimanderont, et quand il verra que ses actes lui causent de la honte, il cessera sa conduite indigne. Tout cela est certainement permis, car c'est utile à la victime et à l'auteur, et l'on accomplit aussi la mitsva de la réprimande.