Halakhot du Hafets Haïm
Halakha 138 / 215

Hilkhot Lachon Hara, chapitre 10, section 7

Nous allons maintenant traiter de la troisième condition que nous avons écrite au paragraphe 2 : qu'on doit d'abord réprimander l'auteur des faits. Si l'on sait qu'il n'écoutera pas, on n'a pas besoin de le réprimander. Cependant, on doit veiller à raconter ce qui s'est passé devant trois personnes, ce qui compte comme parler devant l'auteur [car trois personnes répandent l'histoire]. Car si l'on parle devant une ou deux personnes, on a l'air de ne pas vouloir que l'auteur sache qu'on a parlé de lui, de chercher à le tromper et à le dénigrer en secret, et de prendre plaisir à parler de lui. De plus, l'auditeur ou les deux auditeurs soupçonneront que l'histoire n'est pas vraie, puisqu'on n'a pas réprimandé l'auteur avant de leur parler, et dans un tel cas aucune utilité ne résultera du fait de parler de lui.

Cependant, les auditeurs ne doivent pas tenir pour vrai ce qu'on a dit ni dénigrer l'auteur, comme expliqué plus haut (7:1). Car même si l'histoire racontée est vraie, peut-être manque-t-il un détail qui change complètement l'histoire. Cependant, les auditeurs peuvent soupçonner qu'elle est vraie et réprimander l'auteur, qui pourrait les écouter, et il peut y avoir d'autres utilités, comme expliqué plus haut au paragraphe 4.