Hilkhot Lachon Hara, chapitre 7, section 7
Trois notions concernant le lachon hara sont semblables mais diffèrent sur de nombreux détails. Ce sont : méheiman kevé tré (une personne que je considère aussi fiable que deux témoins), méssia'h lefi toumo (quelqu'un qui dit du lachon hara au fil de la conversation, sans intention délibérée de divulguer une information), et une histoire qui comporte des devarim nikarim (des signes clairs qu'elle est vraie).
L'interdit de croire le lachon hara s'applique même si l'on considère celui qui parle comme aussi crédible que deux témoins. Lorsque nous avons écrit plus haut qu'on peut révéler un rapport en privé à son maître spirituel ou à son confident, si l'on sait qu'il nous croit comme deux témoins, et que ce maître spirituel peut croire le rapport, haïr la personne dont on a parlé et l'éviter jusqu'à ce qu'il sache qu'elle s'est repentie, cela ne s'applique que lorsque l'histoire comportait des éléments qui rendaient permis de parler de cette personne tant qu'elle ne s'était pas repentie.
Cela inclut le cas où elle a délibérément transgressé une faute bien connue comme interdite, dans des circonstances qui ne peuvent être jugées favorablement (comme l'histoire de Touvia dans Pessa'him [113], qui concernait l'adultère). Cette indulgence ne s'applique pas si l'on pouvait juger l'acte favorablement, par exemple en supposant qu'elle l'a fait par inadvertance ; elle ne s'applique pas non plus au fait de dénigrer une personne en général, ou de dire qu'il lui manque certaines qualités (comme traité plus haut, 5:2), ou de mentionner les actes de ses ancêtres ou de ses proches, ou ses actes passés. Cela n'est certainement pas inclus dans l'indulgence de méheiman kevé tré, car même si le rapport est vrai, il était tout de même interdit de parler de cette personne, comme expliqué plus haut (4:3).
L'auditeur non plus ne peut pas croire l'histoire dénigrante dans de telles circonstances, comme expliqué plus haut (6:7). (En plus de l'interdit de croire le lachon hara, il transgressera aussi « Ne place pas d'obstacle devant un aveugle », ainsi que d'autres commandements négatifs et positifs mentionnés dans l'introduction. Car celui qui parle a certainement transgressé le lachon hara, même s'il a dit la vérité, et c'est l'auditeur qui l'y a conduit, car s'il avait refusé d'écouter, celui qui parle se serait tu. Plus l'auditeur croit celui qui parle et rend l'histoire nuisible pour la victime, plus l'auditeur transgresse en ayant fait fauter celui qui parle.)