Hilkhot Lachon Hara, chapitre 10, section 4
Nous avons écrit plus haut que la cinquième condition est que l'intention de la personne soit dans un but utile. Cela s'applique certainement si les gens à qui l'on parle peuvent aider une personne volée, opprimée, lésée ou humiliée. Même si ce but ne peut pas être atteint par le récit, mais qu'on a l'intention d'éloigner les gens du mal lorsqu'ils entendent dénoncer les fauteurs, et que le fauteur lui-même pourrait se repentir et corriger ses actes en entendant les gens le dénigrer, cela compte aussi comme un but utile. Car celui qui parle n'a pas l'intention de tirer plaisir des défauts de la personne, et il est zélé pour la vérité. Mais s'il estime qu'il n'y aura certainement aucune utilité, comme dans le cas où les auditeurs sont des rechaïm qui commettent les mêmes méfaits et les considèrent comme rien, on ne doit pas raconter ce qui s'est passé. Outre l'absence d'utilité, un grand tort peut en résulter s'ils vont répéter à l'auteur des faits qu'on a parlé de lui, transgressant « Tu n'iras pas colporter » (Vayikra 19:16). De plus, une grande querelle en résulte souvent. Si le récit peut conduire des gens à dénoncer un Juif aux autorités, c'est certainement interdit, même si toutes les conditions sont remplies.
Peu importe, pour tout cela, que la victime de l'auteur des faits nous ait demandé de l'aide ou non, et que la victime soit un proche ou non. (Beaucoup de gens agissent à tort contre un auteur de méfaits au nom d'un proche, même si les faits ne sont pas clairs, pensant accomplir la mitsva « Ne te dérobe pas à ta propre chair » (Yechaya 58:7). C'est une erreur.)