Halakhot du Hafets Haïm
Halakha 2 / 215

Hafets Haïm – Introduction (2)

Si nous scrutons nos voies et examinons quelles fautes sont la cause principale de la longueur de notre exil, nous en trouverons beaucoup. Mais la faute de la langue les surpasse toutes, pour plusieurs raisons.

Premièrement, parce qu'elle fut la cause principale de l'exil. Dès lors, tant que nous ne réparons pas cette faute, comment pourrait-il y avoir une délivrance ? Si cette faute a causé notre exil hors de notre terre, à plus forte raison empêche-t-elle notre retour vers notre terre !

De plus, nous savons que l'exil a été décrété contre nous dès l'époque de la faute des explorateurs, comme il est dit dans les Psaumes (106:26-27) : « Il leva la main contre eux pour les faire tomber… parmi les nations et les disperser dans les pays », ainsi que l'explique Rachi à cet endroit. Or la faute des explorateurs était le lachon hara ; il faut donc réparer cette faute avant la délivrance.

Nous trouvons aussi explicitement que cette faute entraîne l'asservissement d'Israël à un dur esclavage, car il est dit dans la paracha Chemot (2:14) : « Assurément, la chose est connue. » En outre, le Midrach Rabba déclare explicitement (Devarim Rabba 6:14) : « Le Saint, béni soit-Il, a dit : dans ce monde-ci, parce qu'il y avait parmi vous de la médisance, J'ai retiré Ma Présence divine du milieu de vous ; mais dans le monde futur, etc. » Le verset dit aussi clairement dans la paracha Vezot Haberakha (Deutéronome 33:5) : « Il y aura un roi en Yechouroun lorsque se rassembleront les chefs du peuple, ensemble les tribus d'Israël. » Et Rachi explique : quand y aura-t-il un roi en Yechouroun ? Seulement lorsque les tribus d'Israël seront unies et non divisées en factions ; et il est connu que la division provient du lachon hara. De plus, comment pourrions-nous recevoir les bénédictions de Hachem auxquelles nous aspirons, si nous sommes habitués à cette faute ? N'y a-t-il pas à ce sujet une malédiction explicite dans la Torah (Deutéronome 27:24) : « Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret », ce qui se rapporte au lachon hara, sans compter les autres malédictions mentionnées à cet endroit ? Nous savons aussi par la Guemara Arakhin (15b) que cette faute est d'une gravité sans limite, au point que nos Sages disent que celui qui la transgresse est comme s'il reniait un principe de la foi, à D.ieu ne plaise. Et le Talmud de Jérusalem, dans Péa (1:1), enseigne qu'on est puni pour cette faute dans ce monde-ci, tandis que le châtiment principal est réservé au monde futur.

Voir plus loin dans l'ouverture, ainsi que dans mon livre Chemirat Halachon, où nous citons tous les passages du Chass, du Midrach et du Zohar qui traitent de ce sujet. Celui qui les examine et les médite attentivement sentira ses cheveux se dresser devant la gravité de cette faute.