Hilkhot Lachon Hara, chapitre 5, section 2
Je vais maintenant traiter d'un type de lachon hara où celui qui parle ne vise aucune utilité mais veut seulement dénigrer quelqu'un. Presque tout le monde transgresse ce type de lachon hara par ignorance.
Il est interdit de dénigrer une personne pour un manque de qualités positives telles que la sagesse ou la force, par exemple dire que quelqu'un n'est pas intelligent. C'est évidemment interdit lorsque ce qu'on dit est faux ou exagéré, et c'est même pire que le lachon hara ordinaire, car un dénigrement mensonger compte comme motsi chem ra (calomnie). Même si l'information est vraie, nous avons déjà prouvé au chapitre 1 que le lachon hara inclut même le fait de dire la vérité. Comme l'écrit le Rambam (Avot 1:17) : « Le lachon hara consiste à dire du mal d'une personne et de ses défauts, et à la dénigrer d'une manière ou d'une autre, même si la personne dénigrée manque effectivement, etc. » Même s'il écrit (Déot 7:5) que le lachon hara n'est que ce qui cause un dommage financier ou physique, ou du chagrin ou de la peur à la victime, il est clair que le fait de dénigrer les gens compte comme lachon hara interdit par la Torah, car de telles paroles peuvent toujours causer à la victime un dommage financier ou physique.
Par exemple, il n'y a pas de plus grand dénigrement que de dire que quelqu'un n'est pas sage, car les gens ne voudront pas le prendre pour gendre ni traiter avec lui dans sa profession. À plus forte raison, si la victime est un posseq (décisionnaire), elle perdra de l'argent, car personne ne viendra chez elle pour régler des litiges financiers, et elle pourrait même perdre son poste, causant du tort à elle et à ses enfants. De plus, cela entre dans la catégorie du dénigrement d'un érudit en Torah, au sujet duquel nos Sages disent qu'il n'y a pas de remède à sa punition. Cela diminue aussi grandement l'honneur de la Torah, car si le posseq met en garde les gens d'observer les mitsvot, ils l'ignoreront après qu'on a dit qu'il n'est pas sage.